Archives pour l'étiquette ACTUALITE THEATRE

UN ETE A LA LOGE

C’est l’été au Théâtre de la Loge ! Et pour ouvrir le bal, deux événements cette semaine. Le premier fut le concert d’Annika and the Forest, que nous avions interviewée en avril dernier à l’occasion de la sortie de son nouvel album She. Le second intitulé « Rien en s’oppose à la nuit » ouvrait le festival Summer of Loge. Cette soirée, organisée par Mélissa Phulpin et Candy Nguyen, est un rendez-vous qui a lieu tous les deux mois au Théâtre de la Loge à Paris. L’idée est de proposer au public une rencontre mêlant musique, création artistique et gastronomie.
Ces deux temps ont mis en lumière des artistes féminines et ont montré combien la scène musicale indépendante est créative et talentueuse.

Continuer la lecture de UN ETE A LA LOGE

MON CŒUR

Courage, luttons !

Inspiré de l’affaire du médiator, ce coupe-faim qui, en fait, était un antidiabétique et qui fut prescrit à des milliers de personnes -en majorité des femmes- afin de perdre du poids, Mon Cœur relate l’histoire de Claire Tabard, dont la vie bascula en avalant ces pilules. Au travers de témoignages recueillis auprès de victimes, Pauline Bureau dessine une histoire sordide et scandaleuse et révèle, le cynisme d’une société haineuse des êtres, prête à sacrifier ses enfants sur l’autel d’un capitalisme galopant.

Continuer la lecture de MON CŒUR

4.48 PSYCHOSIS. Rencontre avec HÉLÈNE VIVIES

On l’avait repérée dans Femme de Chambre la première mise en scène de Sarah Capony (Cf : http://www.le-coryphee.com/chambre-a-rome/) dans laquelle elle jouait le rôle d’une prostituée. Depuis, Hélène Viviès n’a pas chômé: enchaînant les rôles sous la direction de François Rancillac (La Place Royale de Corneille), de Pauline Sales (J’ai bien fait ?) ou de Christian Benedetti (La Cerisaie de Tchekhov), la comédienne issue de l’ENSATT impose son talent et sa sensibilité sur la scène théâtrale subventionnée.
En ce début d’année, on la retrouve dans un texte de Sarah Kane 4.48 Psychosis, que monte Christian Benedetti au Théâtre–Studio d’Alfortville. Quasi immobile tout au long du spectacle, dans une scénographie épurée presque aride, Hélène Vivies, avec une précision remarquable et une maestria peu commune, donne à entendre une voix sortie d’outre-tombe, celle de l’auteure anglaise, décédée à l’âge de vingt-huit ans et entrée à jamais dans le Panthéon du théâtre mondial. Désespéré parce que trop lucide, le regard que Sarah Kane porte sur le monde est avant tout le regard qu’elle porte sur elle-même : un monde violent et terrassé dans lequel la seule chose à chercher et à trouver, capable de nous rendre à notre humanité, est l’amour. Hélène Viviès, tout en subtilité, entre violence et douceur, humour et inflexibilité, parvient ici à nous faire sentir le paradoxe d’une parole morbide se révélant, au bout du compte, un long cri de vie, une demande inextinguible d’amour.
Rencontre avec une comédienne passionnée et passionnante.

Continuer la lecture de 4.48 PSYCHOSIS. Rencontre avec HÉLÈNE VIVIES

UNE CHAMBRE À ROME

Nous nous sommes tant aimés.

Il est des spectacles qu’on aurait aimé avoir écrit, qu’on aurait voulu mettre en scène, qu’on souhaiterait jouer. Une chambre à Rome est de ceux là. Il donne envie. Pour son second projet, Sarah Capony signe un texte et une mise en scène tout en délicatesse, passant au crible des vies ordinaires ; celles de petites gens qui, malgré les blessures et les pierres qui les font trébucher sur leur chemin, continuent à avancer la tête haute. Six personnages hauts en couleurs qui se croisent, se rencontrent, se ratent. Six personnages incarnés par une troupe de comédiens formidables et profondément humains.
Continuer la lecture de UNE CHAMBRE À ROME

LE MOCHE

« Miroir, Miroir… »

Lette est un ingénieur de grand talent. Lorsqu’il doit présenter l’invention qu’il vient de mettre au point lors d’un congrès, sa hiérarchie lui fait comprendre que ça ne sera pas possible. La raison ? Il est moche. Son visage n’est pas assez « vendeur ». Ce sera son assistant, dont le visage est plus attractif, qui fera la présentation. Qu’à cela ne tienne ! Lette, humilié, décide de ne pas s’avouer vaincu : il va voir un chirurgien plastique et lui demande de lui refaire le visage. Le résultat est spectaculaire.

Continuer la lecture de LE MOCHE

LA PETITE CASSEROLE D’ANATOLE

Le huitième jour…

La Compagnie Marizibill vient de poser ses valises au Théâtre Paris–Villette et nous invite à redécouvrir son dernier spectacle La Petite Casserole d’Anatole qu’elle avait présenté dans ce même lieu la saison dernière. Tiré de l’album éponyme d’Isabelle Carrier, le spectacle retrace le parcours d’un petit bonhomme encombré par sa différence et comment il va trouver les moyens de dépasser les difficultés qui l’empêchent de vivre normalement…

Continuer la lecture de LA PETITE CASSEROLE D’ANATOLE

SEULAUMONDE

Première pièce de Damien Dutrait, Seulaumonde et une plongée en apnée au cœur de l’humain et du sensible. Une écriture fine, qui s’attarde à déceler l’émotion et qui, paradoxalement, prend en gravité à mesure qu’elle explore les petits riens de la vie. Nelson-Rafael Madell, pour qui ce monologue à trois personnages à été écrit, avance comme un funambule des mots sur la corde raide de ce texte dense qui nous remue par la simplicité des questions qu’il pose, livrant une vérité brute, nue, qui résonne avec celle, intime, de tout-à-chacun.

Continuer la lecture de SEULAUMONDE

DAMIEN DUTRAIT NOUS PARLE DE SEULAUMONDE

Monologue pour un comédien et trois personnages, Seulaumonde est la première pièce de Damien Dutrait. L’histoire est celle d’un jeune homme que la mort a fauché dans un accident d’avion. Parti trop tôt, Seulaumonde résiste ; ne veut pas partir. Au moment où il doit vraiment le faire, s’engage un bras de fer entre lui et la mort. Il ne peut s’en aller comme ça en laissant derrière lui son père et sa mère à qui il n’a pas parlé, à qui il n’a pas dit les choses importantes. Et surtout en laissant son amour, là, de l’autre coté de la porte. Seulaumonde est un texte d’une extrême finesse touchant droit au cœur, où l’urgence de rattraper les petits rien de la vie qu’on a laissé filer, nous bouleverse par la justesse de ce que ce bonheur qu’on ne cesse de chercher nous aveugle, tant il est là, sous nos yeux. Damien Dutrait nous parle du processus d’écriture et de création de ce texte qui sera présenté au Théâtre de Belleville à Paris du 6 au 22 novembre prochains.

Continuer la lecture de DAMIEN DUTRAIT NOUS PARLE DE SEULAUMONDE

ERZULI DAHOMEY, DÉESSE DE L’AMOUR / Nelson-Rafaell Madel / Prix Théâtre13-jeunes metteurs en scène

           Second spectacle présenté au Prix Théâtre 13 –Jeunes metteurs en scène, Erzulhi Dahomey, Déesse de l’amour est un texte de Jean-René Lemoine mis en scène par Nelson-Rafaell Madel.
Ce texte raconte la rencontre de deux femmes que tout oppose : Victoire et Félicité. Chacune vient de perdre un fils. Félicité vient réclamer à Victoire le corps de son fils alors que le fantôme de celui-ci hante la maison de Victoire. Oscillant entre fantastique, humour, absurde et poésie, le texte relate la trajectoire intime et humaine de deux femmes en résonnance avec la grande Histoire.

      Nelson-Rafaell Madel est comédien et metteur en scène. Il est originaire de Martinique et s’est formé auprès de Yoshvani Médina, metteur en scène cubain puis auprès de Claude Buchvald à Paris. Il fonde la compagnie Théâtre des Deux Saisons en 2007 au sein de laquelle il met en scène P’tite Souillure de Koffi Kwahulé en 2013, Nous étions assis sur le rivage du monde, de José Pliya en 2014. Il a été assistant à la mise en scène de Claude Buchvald, Pierre Guillois, Marie Ballet. En tant que comédien, il a joué sous la direction de Yoshvani Médina, Claude Buchvald, Pierre Guillois, Naidra Ayadi, Marie Ballet, Evelyne Torroglosa, Sandrine Brunner, Paul Nguyen, Néry Catineau, Stella Serfaty, Margaux Eskenazi, Damien Dutrait. Il est également membre fondateur du collectif La Palmera.

Continuer la lecture de ERZULI DAHOMEY, DÉESSE DE L’AMOUR / Nelson-Rafaell Madel / Prix Théâtre13-jeunes metteurs en scène

RETOURS / VOYAGE D’HIVER

Variations sur le même thème

Pour sa nouvelle création, Jean-Christophe Blondel choisit de monter  Retours et Voyage d’Hiver de Fredrik Brattberg, un jeune auteur norvégien encore inconnu en France mais reconnu dans son pays puisqu’il a obtenu le prix Ibsen en 2012 pour son texte Retours.
Dans ces deux pièces, la figure centrale est celle de l’enfant : mort ou vivant, celui-ci ne cesse de hanter ses parents. Il est le pivot autour duquel gravitent des adultes restés adolescents ou des adolescents qui ont du mal à devenir adultes. Servis par des comédiens formidables de justesse, ces deux textes acides et drôles, révèlent une photographie de nos peurs, de nos faiblesses et de notre difficulté à être au monde. Continuer la lecture de RETOURS / VOYAGE D’HIVER