NOS CORPS EMPOISONNÉS

A la Manufacture d’Avignon, se joue encore pour deux représentations un spectacle fort et nécessaire : Nos corps empoisonnés. Marine Bachelot Nguyen qui signe la mise en scène et le texte nous raconte le parcours de Tran To Nga, activiste vietnamienne engagée sa vie durant dans de nombreux combats, notamment féministes, anti-impérialistes et écologiques.

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L’INFÂME

C’est à Artéphile que Laurent Fréchuret présente, dans le Festival Off d’Avignon, un texte de Simon Grangeat, « L’Infâme », écrit suite à une commande passée par le metteur en scène. « L’infâme » nous parle d’une reconstruction : celle d’une adolescente victime d’une relation toxique avec sa mère.
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ROOM / Sublimes Limites

L’ extraordinaire room service de James Thierrée

Un spectacle de James Thierrée c’est toujours un évènement, une attente, une curiosité. Il faut dire que l’énergumène est un surdoué de la sphère artistique, un être unique en son genre, faisant de son corps une oeuvre à lui tout seul, tant il maîtrise son élasticité (peut-être plus que son illustre grand-père) dans des décors toujours fantastiques comme dans Raoul, Tabac rouge ou encore La Grenouille avait raison.… Room arrive après le Covid où tant d’artistes se sont questionnés sur le processus de création et ont parfois profité de cette période pour renouveler leur genre…  Room semble être une chambre musicale où le son va se mêler aux corps, une chambre capricieuse, autonome, provocatrice qui va donner du fil à retordre à un metteur en  scène un peu fou qui tente avec son équipe étrange à trouver un sens à son spectacle… James Thierrée s’entoure alors d’une troupe aux talents multiples pour nous ouvrir la porte des affres de la création… Continuer la lecture de ROOM / Sublimes Limites

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LE CHEF-D’ŒUVRE INCONNU

Atteindre l’inaccessible toile 

Si vous ne connaissiez pas cette nouvelle d’Honoré de Balzac alors il est temps de vous rattraper. Elle fut publiée pour la première fois en 1831 dans le journal L’ artiste et ouvre à une délicieuse réflexion sur l’art et la peinture en particulier. Pour être tout à fait exact, l’œuvre parait initialement sous le nom de Maître Frenhofer, l’un des protagonistes de la nouvelle ; un vieux briscard de l’art pictural qui a côtoyé les plus grands et qui garde en secret un tableau mystérieux et inachevé car il attend encore le modèle idéal. En attendant cet héros fictif créé par Balzac prend plaisir à discourir sur l’art avec deux autres comparses qui, eux, ont réellement existé : Franz Porbus, portraitiste du roi Henri IV (nous sommes bien ici au 17ème siècle) au sommet de son talent et un certain Nicolas Poussin, illustre inconnu dont il vient de faire la connaissance. Ces deux derniers salivent à l’idée de découvrir ce fameux tableau et c’est par l’intermédiaire de la compagne de Poussin, Ginette, modèle idéal, que leur voeu va pouvoir s’exaucer… Continuer la lecture de LE CHEF-D’ŒUVRE INCONNU

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MAIN DANS LA MAIN

Nous serons si bien main dans la main 

Main dans la main c’est l’histoire de deux hommes que le destin n’aurait probablement jamais réuni tant leur personnalité et leurs univers semblent à l’opposé. Paul est un fêtard, un épicurien qui multiplie les conquêtes masculines et l’assume pleinement en passant en particulier par une application de drague simple et terriblement efficace lorsqu’il s’agit de chercher un coup d’un soir. Manu, lui, est un vrai corse à peine débarqué dans la capitale ;  il est à mille lieues d’assumer son attirance pour les hommes, plus proche de l’hétéro normé que de l’homo outé. Et c’est cette fameuse application qui va les réunir une nuit.

Malgré leurs mondes respectifs qui s’entrechoquent, ils parviennent à se trouver comme par enchantement. C’est surtout Paul, surpris lui-même de ce qui lui arrive, qui va laisser peu à peu Manu entrer dans sa vie… Seulement voilà, l’orage gronde et menace ce couple fragile. La volonté insistante de Manu à aspirer à une vie commune et stable va effrayer Paul qui précipite leur séparation. La pièce débute au moment où un acte homophobe les précipite à l’hôpital et va servir de déclencheur pour nous conter leur histoire… Continuer la lecture de MAIN DANS LA MAIN

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CÉLIA ROSICH dans LA LOI DE MURPHY

Le Coryphée est allé à la rencontre de Célia Rosich, comédienne et réalisatrice, qui interprète avec talent le rôle de Juniper Shepard dans La Loi de Murphy au Théâtre Paris-Villette.

Il est des spectacles qui ne ressemblent à aucun autre. que ce soit par leur parti pris ou par leur atmosphère : La loi de Murphy en fait définitivement partie. Plus qu’un spectacle, c’est une expérience, une aventure théâtrale unique en son genre, à la croisée des chemins. Après Pangolarium, le duo de metteurs en scène et d’auteurs Nicolas Liautard et Magalie Nadaud proposent le second épisode de cette épopée fantastique qui trouve sa principale  inspiration  dans le cinéma, comme celui de David Lynch.

Cet opus se situe 13 ans en arrière où nous suivons un couple Juniper et Alistair ; une écrivaine à succès et un chercheur en génétique. Mais des visions étranges viennent envahir l’esprit de Juniper et vont l’entrainer dans un monde où la frontière entre fiction et réalité semble s’évanouir pour laisser place à de mystérieux phénomènes et à une remise en question totale de leur vie de couple. La loi de Murphy plonge encore davantage dans les méandres d’un univers terrifiant où les laboratoires génétiques deviennent les maitres du monde… Grâce à une mise en scène jouissive et intelligente ; grâce à un incroyable dispositif d’écran géant et à son décor atypique mais surtout grâce au jeu très fin, quasi cinématographique des acteurs, La loi de Murphy nous embarque instantanément dans un voyage fantasmagorique et vertigineux.

Célia Rosich, comédienne de théâtre mais aussi actrice au cinéma comme dans le film d’Eric Judor désormais culte Problemos, en est à sa sixième collaboration avec Nicolas Liautard. Elle incarne ici avec beaucoup de justesse et de profondeur le rôle de Juniper. Elle nous en dit un peu plus sur la genèse de ce spectacle fantastique dans tous les sens du terme. Continuer la lecture de CÉLIA ROSICH dans LA LOI DE MURPHY

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MARÉE HAUTE

Alors chacun est reparti dans le tourbillon de la vie…

Deux mondes. Deux identités que tout semble opposer. Deux conceptions de la vie incompatibles. George, une parisienne élégante et lettrée, rencontra dans sa prime jeunesse dans le Morbihan, Gauvin, un marin breton à l’apparence bourru et au parler franc. Cette relation très charnelle à la base était prédestinée à ne pas durer et puis, malgré la distance et leurs vies ailleurs, quelque chose d’inexplicable qu’on pourrait appeler amour va réunir ces deux-là de manière réguiière en l’espace de trente ans. Cette histoire c’est celle de Les vaisseaux du coeur, un roman autobiographioque de Benoîte Groult écrit en 1988. Josiane Pinson, comédienne,, metteuse en scène et autrice qu’on a pu admirer dans les formidables Psycause(s), prend le parti et le pari d’interpréter cette histoire d’union à priori impossible en la faisant fondre dans le corps et l’esprit de George. Elle va alors nous la raconter via le prisme de cette femme libre et courageuse qui traverse le temps et ses émotions comme on traverserait un océan avec ses tempêtes et ces moments de plénitude… Continuer la lecture de MARÉE HAUTE

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MARCEL

La vraie vie 

Il y a quelques temps, Christophe Honoré, cinéaste et metteur en scène de théâtre nous livrait un joli bijou Du côté de Germantes avec la troupe de la Comédie Française. Mais on ne peut pas vraiment dire que Marcel Proust soit si régulièrement ou si intensément monté au théâtre que cela. L’ adaptation de ses romans, de son style inimitable, de ses chefs d’oeuvres absolus et intemporels de la littérature française, demandent une profonde réflexion. Car on ne touche pas à Proust impunément… La proposition qui nous est faite dans l’immense Théâtre 13ème Art sort des sentiers battus aussi bien par ses protagonistes que la scénographie qui la compose. Sur scène deux immenses talents vont lire les mots de l’auteur dans ce qu’on pourrait appeler une lecture mise en espace. D’une part l’inégalable Françoise Fabian, actrice mythique, ayant tourné avec Louis Malle, Rohmer, LeLouch, Demy ou encore avec Michel Deville qui vient à peine de nous quitter. À la télévision, on a pu la voir récemment dans l’excellente série Dix pour cent. Et d’autre part, Oxmo Puccino, rappeur et slameur franco-malien qui manie la langue française et le flot comme personne ; on le surnomme le « Black Jacques Brel » pour vous donner un idée de son talent et de son débit percutant. Continuer la lecture de MARCEL

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LE DERNIER JOUR DU CONDAMNÉ

La vie st une phrase interrompue

Cet aphorisme de Victor Hugo pourrait presque résumer à lui seul l’un des chefs d’oeuvre d’un des plus grands écrivains du monde, Le dernier jour d’un condamné. Dans ce roman de 1829, nous pénétrons dans une cellule de prison et dans la tête d’un homme qui va nous délivrer chaque page de son journal intime, comme une autobiographie, écrite durant les vingt-quatre dernières heures de son existence. Il raconte ce qu’il a vécu depuis le verdict de son procès jusqu’au moment de son exécution, soit environ cinq semaines de sa vie. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde passée compte et le rapproche de l’inévitable sentence. Juste avant que ne pénètrent prêtre, huissier, geôlier pour l’emmener vers cette interruption de vie… Sans préciser ni l’identité du condamné ni la nature de son crime, le livre évoque les peurs de cet homme qui se retrouve seul devant son destin et parle également de son espoir et de sa famille, de sa fille, sa femme et sa mère… Ce sont ses entrailles qu’il met en lumière, son for intérieur, sa souffrance, son amour de la liberté ou sa crainte de la mort. Victor Hugo en fait un personnage si intense, si fascinant, si aimable, si puissant par sa pensée que son incarnation sur une scène de théâtre demande à l’interprète de se transcender pour donner vie à ses mots…  Continuer la lecture de LE DERNIER JOUR DU CONDAMNÉ

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UNE LEGENDE À LA RUE

Le pays fantôme de Sara

Janvier 2013,  le triple assassinat de la rue Lafayette : 3 kurdes, 3 femmes assassinées pour leurs convictions, pour leur combat. Dans un appartement parisien :  2 femmes, Florence Huige, comédienne et metteure en scène et son amie Samia regardent ce drame à la télévision. Parmi les victimes, une femme aux cheveux orange vif, elles la reconnaissent : c’est Sakine Cansiz, membre fondatrice du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), de son nom de combattante Sara. Elles l’ont rencontrée 14 mois plus tôt au coin d’une rue, esseulée, fatiguée, intriguée avec sa valise et son sac en plastique remplis de ce qu’il reste de sa vie. Elle leur parle du danger qu’elle court, de ce monde qui vacille, les met en garde… Cette rencontre inhabituelle aurait pu rester dans l’oubli s’il n’y avait pas eu ce terrible assassinat. Alors Florence Huige va enquêter, s’interroger et interroger les autres… Qui est réellement cette femme, quel est ce peuple kurde ? Quelle peut être son histoire ? Quel lien entre cette femme à la rue et cette femme retrouvée morte dans un salon ? Ces questionnements et le fantôme de Sara qui la hantent désormais vont emmener Florence Huige jusque sur un plateau de Théâtre pour partager comme une nécessité absolue la fabuleuse et tragique histoire de cette légende à la rue et tenter de lui « redonner son identité »…

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AU COEUR DU SPECTACLE VIVANT