MONSTRES / ON NE DANSE PAS POUR RIEN

Monstres est la dernière création du chorégraphe et danseur congolais DeLavallet Bidiefono. Depuis 2005 et après avoir fait ses armes au centre culturel français de Brazzaville, ses spectacles aux danses musclées, vivantes et envoûtantes enchantent les scènes contemporaines à travers la France et le monde. Il collabore avec David Lescot, David Bobée ou encore Dieudonné Niangouna. En 2015, il crée le premier lieu indépendant dédié à la danse du Congo.

La Villette l’accueille pour deux jours et présente ce nouvel opus qui a déjà fait ses preuve à Nantes ou à Saint-Nazaire, un spectacle aux multiples facettes avec des artistes aux cultures différentes : danseurs, musiciens, chanteur, comédienne puisent dans leur art avec l’idée de construire quelque chose, un lieu de tous les possibles. Et cette construction se fait peut-être sous nos yeux comme un « monstre artistique » emprunt de poésie, de liberté, de sonorités rock qui ne demande qu’à vivre et à se nourrir d’espoir…

b-monstres_1cchristophe-pean_0                                          Crédit Photo : Christophe Péan

Mais si les monstres selon Bidiefono peuvent être les artistes, monstres positifs qui tentent d’avancer, de créer, de recréer du lien, il y a aussi les monstres négatifs, les dirigeants de certains pays, dictateurs adeptes de la déconstruction plutôt et de l’anti-culture. Le chorégraphe et ses artistes dépeignent ainsi la volonté de rester debout, de chercher et de trouver des lieux de création quand les pouvoirs défaillent, de se substituer à eux si nécessaire, de les combattre  pour que la culture survive coûte que coûte. Il est donc certain qu’avec Monstres à La Villette qu’on nous promet joyeux, festif et  punk, les artistes ne danseront pas pour rien…

Monstres / On ne danse pas pour rien
Chorégraphie : Bidiefono DeLaVallet

Compagnie Baninga
Avec : DeLaVallet Bidiefono, Destin Bidiefono, Fiston Bidiefono, Rebecca Chaillon, Ella Ganga, Marie-Bède Koubemba, Cognès Mayoukou, Aïper Moundou, Lousinhia Simon / Musiciens : Armel Malonga, Francis Lassus, Raphaël Otchakowski / Dramaturgie : Aurelia Ivan / Collaboratrice artistique : Carine Piazzi / Création lumière : Stéphane ‘Babi’ Aubert / Création son : Jean-Noël François
VendredI 22 et Samedi 23 juin 2018 à 20h30 

La Villette
Grande Halle

211 avenue Jean-Jaurès  Paris 19ème
Métro : Porte de Pantin (ligne 5 ou 3b)
Réservations : 01 40 03 75 75 / www.lavillette.com
Crédit Photo principale : Nicolas Guyot

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LA FABRIQUE DES MONSTRES

Mary Shelley et ses fantômes…

La Fabrique des Monstres
ou Démesure pour mesure est la nouvelle création du metteur en scène Jean-François Peyret directement inspirée de l’illustre roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Il poursuit ainsi ce qui fait la singularité de son travail c’est à dire aller puiser dans les textes littéraires, philosophiques ou scientifiques pour proposer et imaginer un « théâtre scientifique » dans la lignée de Brecht. Et quelle matière pour le faire ici : un mythe du roman d’épouvante, une figure incontournable parmi les créatures fantastiques, revisitée par le cinéma et bien souvent imitée ou déclinée ; la créature créée par Victor Frankenstein… Car oui le monstre n’a pas de nom contrairement à cette déformation que le temps ou l’ignorance ont cultivé, Frankenstein étant bien le nom de son créateur de fiction. Mais sa véritable créatrice c’est Mary Shelley qui dans ce roman épistolaire, écrit à l’âge de 19 ans au bord du lac Léman, va combiner les récits en partant d’une correspondance d’un capitaine de bateau avec sa sœur qui rencontre le fameux Victor qui lui-même lui rapporte les aventures de sa créature. Cette fabrication du roman en couches successives avec ses multiples personnages, que le focus sur ce monstre légendaire a occulté, vont alors servir de matériaux parfaits à la fabrication d’une mise en scène elle aussi hors normes…
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RÉVERSIBLE

Les 7 Doigts n’ont pas perdu la main !

Si vous ne connaissez pas encore ce collectif de cirque nouveau venu du Québec et constitué d’artistes du monde entier alors il est temps de le découvrir car chacune de leur création est un événement. Probablement parce qu’ils ont su renouveler le genre, celui des prouesses physiques et des disciplines du cirque acrobatique, en le mêlant à l’intime, à une histoire, à des histoires et à univers singulier pour chaque spectacle. Après nous avoir invité dans leur cuisine, au milieu de la cité, flirté avec la danse contemporaine, la peinture ou encore les années 40, les 7 Doigts (anciennement 7 doigts de la main) reviennent cette fois avec Réversible interroger le temps qui passe, les souvenirs à travers un hommage à leurs aïeux…
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5ÈME FESTIVAL DE L’ASTRE

Voilà déjà 5 ans que le Festival de L’Astre brille dans le paysage du théâtre contemporain et même s’il est encore loin de l’âge ultra canonique des étoiles que son nom évoque, il a su s’imposer comme un événement incontournable de la scène parisienne grâce entre autres à son initiateur, William Astre et à sa compagnie qui défendent sans faille les auteurs vivants, confirmés ou à découvrir.
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JEAN-CHRISTOPHE MEURISSE / QUAND LES CHIENS DE NAVARRE VIENNENT JUSQUE DANS VOS BRAS !

« Jusque dans vos bras », c’est la dernière création des Chiens de Navarre. Cela fait 13 ans que cette troupe irrévérencieuse sévit sur scène et a su se faire une place à part dans le paysage théâtral français. Chacune de leur création est un événement tant leur théâtre semble ne pas avoir de barrières et invoque de grandes fresques fantasmagoriques dans lesquelles tout devient possible et où le rire, salutaire, sert à croquer nos travers, nos lâchetés mais aussi nos petits bonheurs… « Jusque dans vos bras » ne déroge pas à la règle, à cet esprit farceur voire potache mais ici Les Chiens de Navarre s’attaquent plus politiquement, plus frontalement à une notion que les quelques mots de la Marseillaise évoquent :  l’identité nationale. Dans une succession de tableaux hallucinants et hallucinatoires, ils tordent le cou aux clichés les plus tenaces de la grandeur française, détournent avec délice les symboles de la République et dépeignent avec leur férocité drolatique et leur rage canine le racisme primaire, le sort des migrants et la fausse compassion… Le résultat est saisissant, inattendu, dévastateur. Tout en restant ces éternels adolescents un peu idiots, Les Chiens de Navarre mûrissent dans ce spectacle et par un rire de résistance, ils parviennent avec panache à dénoncer la fuite du politique face au désarroi de l’individu. Pour en savoir plus, Le Coryphée a rencontré le maître d’orchestre de ces chiens enragés, Jean-Christophe Meurisse, celui qui fut d’abord comédien avant de créer et de mettre en scène cette troupe pas comme les autres. Il nous parle du sujet de cette dernière tornade artistique et nous dévoile quelques secrets de fabrication…

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LOUISE ROAM – Stargaze

Au mois de mai prochain sortira Stargaze, le troisième EP de Louise Roam, musicienne issue d’une formation classique en violon, qui s’est tournée vers la musique électronique et qui a déjà deux Ep à son actif: Raptus et Avaton, très remarqués à leur sortie. Nous l’avons rencontrée.

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STARGAZE

« Bright Star! »

En des temps très anciens, les hommes regardaient les ciels de nuits pour y voir les présages des saisons à venir. Le ciel annonçait la fin d’un cycle et le début d’un nouveau ou plutôt du renouveau : le printemps. Immobiles face aux constellations ou «sidae», on disait ces hommes sidérés. Pétrifiés face à la beauté. Cloués sur place. Comme face à l’amour. Le choc passé, venait le temps de le dé-sidération, du desiderum, c’est-à-dire : du mouvement, du désir. Le voyage pouvait commencer.
Pour son nouveau disque –Stargaze– Louise Roam nous emmène en voyage. Dans les étoiles. S’inspirant et prenant pour base dans ses compositions les bruits de l’univers, l’artiste inscrit ce 3ème EP (après Raptus et Avaton), dans la logique d’une écriture de la sidération, de l’extase et du mouvement. Les cinq nouveaux titres de cet opus tracent un chemin semblable à une ligne de vie où l’intime se déploie pour accéder à l’universalité et inversement.

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LE FILS

Quelqu’un va venir…

Le fils est une pièce courte écrite par Jon Fosse. L’histoire se déroule dans  un village de la campagne norvégienne qui, peu a peu, se désertifie. Ne restent plus que deux maisons habitées dans le hameau, celle de l’homme et de la femme et celle d’un vieux monsieur un peu louche.  Tant que chacun voit la lumière de l’autre maison allumée, en ces jours d’hiver, tout va bien. La pièce débute sur le vif d’une situation dans le foyer du couple. L’homme regarde à la fenêtre et se lamente du silence. Il ne se passe rien. La femme elle, vaque à ses occupations. Au fur et à mesure de la conversation, on comprend que le couple a un fils, que celui-ci n’est pas venu les voir depuis longtemps. Le malaise s’installe, intensifié par une atmosphère de fin des temps de plus en plus palpable. La tension monte. Le couple attend on ne sait qui, on ne sait quoi. Sans doute son fils. Tout devient alors étrange comme lorsque qu’on regarde un objet du quotidien à la loupe.  Le moindre mot, le moindre geste semble décalé, hors contexte.
Le fils débarque enfin. Pas très loquace. Il ne répond à aucune question. Est-il vraiment leur fils ? Le suspens reste entier. Quant le vieil homme entre en scène, on sent que le drame qui couvait, va se dérouler irrémédiablement. C’est fatal. Même si on ne sait de quoi il retourne jusqu’à ce qu’il advienne concrètement.
Etienne Pommeret s’est entouré pour ce spectacle de comédiens absolument magnifiques, à commencer par Sharif Andoura dont le jeu, très fin, navigue entre l’angoisse, le comique, la suspension émotionnelle. Il lui suffit d’un regard, d’un demi-sourire, d’un froncement de sourcil pour exprimer tout un monde. Et c’est sublime. A ses côtés, Sophie Rodrigues n’est pas en reste. Elle campe une mère désarçonnée, qui essaie tant bien que mal de maintenir le cap. Elle a une véritable intelligence du texte et un instinct de jeu totalement bluffant.  A eux deux ils tiennent tout le spectacle, insufflant de l’humour là où on ne s’y attend pas, révélant des facettes inattendues de l’écriture de Jon Fosse. De la dentelle.
La mise en scène quant à elle s’avère classique et très honnête. La scénographie à la fois ancrée dans la poésie et le réalisme quelque peu décalé, ajoute au sentiment d’étrangeté qui s’installe au fur et à mesure du spectacle.
A voir.

Le Fils de Jon Fosse.
Mise en scène : Etienne Pommeret
Avec Sharif Andoura, Sophie Rodrigues, Karim Marmet, Etienne Pommeret.
Scénographie :Jean-Pierre Laroche
Lumières : Jean-Yves Courcoux
Costumes : Cidalia Da Costa
Son : Valérie Bajcsa

Du 15 au 18 mai 2018 au TAPS / Scala. Strasbourg
http://www.taps.strasbourg.eu

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LAURENCE CÔTE DANS « UN MOIS À LA CAMPAGNE »

Si vous ne connaissez pas encore Laurence Côte alors révisez vos classiques ! Après une formation de théâtre, c’est au cinéma qu’elle débute véritablement sa carrière en tournant tout simplement avec les plus grands : Rivette, Godard, Doillon, Desplechin ou encore Téchiné. C’est avec ce dernier dans le film « Les Voleurs » et aux côtés de Catherine Deneuve et de Daniel Auteuil qu’elle décroche le César du meilleur espoir féminin.  On la retrouvera entre autres par la suite dans le film et la série « Nos enfants chéris » réalisés par Benoît Cohen avant qu’elle ne se mette elle-même à la réalisation. Mais c’est aujourd’hui la femme de théâtre que Le Coryphée a choisi de rencontrer ; celle qui a été mise en scène par Chéreau, Éric-Emmanuel Schmitt, de nouveau Rivette et qui a monté Tchekhov ou encore Israël Horovitz. La voilà actuellement au Théâtre Déjazet dans « Un mois à la campagne » de Tourgueniev aux côtés entre autres de la délicieuse Anouk Grinberg. Dans une mise scène surprenante, rythmée et moderne d’Alain Françon et avec des partenaires en pleine forme ; elle y incarne avec beaucoup de justesse et une présence hypnotique Lizaveta Bogdanovna, amie de la famille, gouvernante et confidente à la fois, témoin privilégiée des amours contrariés avant que l’amour ne vienne la cueillir elle aussi. Elle nous parle de cette aventure théâtrale.  Continuer la lecture de LAURENCE CÔTE DANS « UN MOIS À LA CAMPAGNE »

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SANDRE

L’eau qui dort

Monologue implacable, Sandre est avant tout la parole d’une femme qui a basculé et a commis un acte irréparable : celui de l’infanticide. Il s’agit bien là d’une tragédie, une de ces histoire où le destin semble prendre le pas sur le libre-arbitre des êtres. Une tragédie des temps modernes qui rappelle l’affaire des bébés congelés et celles qui ont suivi, mettant en lumière, à l’époque des faits, le concept de déni de grossesse.

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AU COEUR DU SPECTACLE VIVANT