Archives pour la catégorie En coulisse

JEAN-CHRISTOPHE MEURISSE / QUAND LES CHIENS DE NAVARRE VIENNENT JUSQUE DANS VOS BRAS !

« Jusque dans vos bras », c’est la dernière création des Chiens de Navarre. Cela fait 13 ans que cette troupe irrévérencieuse sévit sur scène et a su se faire une place à part dans le paysage théâtral français. Chacune de leur création est un événement tant leur théâtre semble ne pas avoir de barrières et invoque de grandes fresques fantasmagoriques dans lesquelles tout devient possible et où le rire, salutaire, sert à croquer nos travers, nos lâchetés mais aussi nos petits bonheurs… « Jusque dans vos bras » ne déroge pas à la règle, à cet esprit farceur voire potache mais ici Les Chiens de Navarre s’attaquent plus politiquement, plus frontalement à une notion que les quelques mots de la Marseillaise évoquent :  l’identité nationale. Dans une succession de tableaux hallucinants et hallucinatoires, ils tordent le cou aux clichés les plus tenaces de la grandeur française, détournent avec délice les symboles de la République et dépeignent avec leur férocité drolatique et leur rage canine le racisme primaire, le sort des migrants et la fausse compassion… Le résultat est saisissant, inattendu, dévastateur. Tout en restant ces éternels adolescents un peu idiots, Les Chiens de Navarre mûrissent dans ce spectacle et par un rire de résistance, ils parviennent avec panache à dénoncer la fuite du politique face au désarroi de l’individu. Pour en savoir plus, Le Coryphée a rencontré le maître d’orchestre de ces chiens enragés, Jean-Christophe Meurisse, celui qui fut d’abord comédien avant de créer et de mettre en scène cette troupe pas comme les autres. Il nous parle du sujet de cette dernière tornade artistique et nous dévoile quelques secrets de fabrication…

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LAURENCE CÔTE DANS « UN MOIS À LA CAMPAGNE »

Si vous ne connaissez pas encore Laurence Côte alors révisez vos classiques ! Après une formation de théâtre, c’est au cinéma qu’elle débute véritablement sa carrière en tournant tout simplement avec les plus grands : Rivette, Godard, Doillon, Desplechin ou encore Téchiné. C’est avec ce dernier dans le film « Les Voleurs » et aux côtés de Catherine Deneuve et de Daniel Auteuil qu’elle décroche le César du meilleur espoir féminin.  On la retrouvera entre autres par la suite dans le film et la série « Nos enfants chéris » réalisés par Benoît Cohen avant qu’elle ne se mette elle-même à la réalisation. Mais c’est aujourd’hui la femme de théâtre que Le Coryphée a choisi de rencontrer ; celle qui a été mise en scène par Chéreau, Éric-Emmanuel Schmitt, de nouveau Rivette et qui a monté Tchekhov ou encore Israël Horovitz. La voilà actuellement au Théâtre Déjazet dans « Un mois à la campagne » de Tourgueniev aux côtés entre autres de la délicieuse Anouk Grinberg. Dans une mise scène surprenante, rythmée et moderne d’Alain Françon et avec des partenaires en pleine forme ; elle y incarne avec beaucoup de justesse et une présence hypnotique Lizaveta Bogdanovna, amie de la famille, gouvernante et confidente à la fois, témoin privilégiée des amours contrariés avant que l’amour ne vienne la cueillir elle aussi. Elle nous parle de cette aventure théâtrale.  Continuer la lecture de LAURENCE CÔTE DANS « UN MOIS À LA CAMPAGNE »

4.48 PSYCHOSIS. Rencontre avec HÉLÈNE VIVIES

On l’avait repérée dans Femme de Chambre la première mise en scène de Sarah Capony (Cf : http://www.le-coryphee.com/chambre-a-rome/) dans laquelle elle jouait le rôle d’une prostituée. Depuis, Hélène Viviès n’a pas chômé: enchaînant les rôles sous la direction de François Rancillac (La Place Royale de Corneille), de Pauline Sales (J’ai bien fait ?) ou de Christian Benedetti (La Cerisaie de Tchekhov), la comédienne issue de l’ENSATT impose son talent et sa sensibilité sur la scène théâtrale subventionnée.
En ce début d’année, on la retrouve dans un texte de Sarah Kane 4.48 Psychosis, que monte Christian Benedetti au Théâtre–Studio d’Alfortville. Quasi immobile tout au long du spectacle, dans une scénographie épurée presque aride, Hélène Vivies, avec une précision remarquable et une maestria peu commune, donne à entendre une voix sortie d’outre-tombe, celle de l’auteure anglaise, décédée à l’âge de vingt-huit ans et entrée à jamais dans le Panthéon du théâtre mondial. Désespéré parce que trop lucide, le regard que Sarah Kane porte sur le monde est avant tout le regard qu’elle porte sur elle-même : un monde violent et terrassé dans lequel la seule chose à chercher et à trouver, capable de nous rendre à notre humanité, est l’amour. Hélène Viviès, tout en subtilité, entre violence et douceur, humour et inflexibilité, parvient ici à nous faire sentir le paradoxe d’une parole morbide se révélant, au bout du compte, un long cri de vie, une demande inextinguible d’amour.
Rencontre avec une comédienne passionnée et passionnante.

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DAMIEN DUTRAIT NOUS PARLE DE SEULAUMONDE

Monologue pour un comédien et trois personnages, Seulaumonde est la première pièce de Damien Dutrait. L’histoire est celle d’un jeune homme que la mort a fauché dans un accident d’avion. Parti trop tôt, Seulaumonde résiste ; ne veut pas partir. Au moment où il doit vraiment le faire, s’engage un bras de fer entre lui et la mort. Il ne peut s’en aller comme ça en laissant derrière lui son père et sa mère à qui il n’a pas parlé, à qui il n’a pas dit les choses importantes. Et surtout en laissant son amour, là, de l’autre coté de la porte. Seulaumonde est un texte d’une extrême finesse touchant droit au cœur, où l’urgence de rattraper les petits rien de la vie qu’on a laissé filer, nous bouleverse par la justesse de ce que ce bonheur qu’on ne cesse de chercher nous aveugle, tant il est là, sous nos yeux. Damien Dutrait nous parle du processus d’écriture et de création de ce texte qui sera présenté au Théâtre de Belleville à Paris du 6 au 22 novembre prochains.

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RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST

Un seul en scène d’une intensité rare, porté par une actrice exceptionnelle… Assise sur une chaise, une jeune femme nous laisse entrer dans sa tête, nous raconte sa maladie, son mari, son travail, dans une adresse si naturelle qu’on a l’impression d’entrer dans son salon. Extraordinaire ou furieusement ordinaire. Rencontre avec l’actrice Émilie Incerti Formentini.

Quelle est l’origine de ce projet ?
« Il y a 6 ans, Guillaume Vincent, le metteur en scène a interviewé une jeune femme pendant 6 mois dans les cafés près de gare de l’Est et il a retranscrit mot pour mot ses paroles, lapsus ou erreurs de langage compris. Il m’a fait lire le texte plus tard et dans la première mouture, il y avait au moins dix pages de descriptifs de médicaments ! Guillaume m’a guidée pour lire cela de manière naturaliste. Il y a 3 ans, on a repensé à ce texte. Il y a eu un grand travail de montage et on s’est aperçu que la maladie finalement passait en second plan. Puis on a fait une lecture aux Bouffes du Nord et encore un montage. »

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CHARLOTTE VALANDREY ET SACHA JUDASZKO IRRÉSISTIBLES DANS « MON POTE EST UNE FEMME COMME LES AUTRES »

On ne présente plus Charlotte Valandrey, actrice découverte à l’âge de 16 ans par Dominique Besnehard et qui fit sensation dans des films comme « Rouge baiser », qui tourna auprès de Rchard Berry dans « Taxi boy », avec Tilda Swinton dans « Orlando », ou encore pour Maiwenn dans « Le bal des actrices ». Une actrice emblématique par son parcours de combattante face à la maladie qu’elle décrit parfaitement dans son livre adapté à la télévision, « L’Amour dans le sang ». Après plus de sept ans sans théâtre, elle revient sur les planches aux côtés de Sacha Judaszko, un jeune humoriste talentueux découvert dans l’émission « On ne demande qu’à en rire » qui en plus de jouer son propre seul en scène, « Sacha chauffe la salle », écrit aussi pour d’autres comme le prochain one man show de Sébastien Cauet.
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