Archives pour l'étiquette actualités

AVIGNON 2018 / KOLHAAS

Un homme décide de faire justice lui-même ne trouvant aucune réponse judiciaire au préjudice dont il est victime. Il ne mesure pas alors dans quel engrenage il vient de mettre le doigt. Confondant la justice avec la vengeance, croyant rétablir l’ordre du monde, Kolhaas verra sa fin tragique sans que réparation ne soit faite. Un conte terrible sur l’ordre du monde, la quête du bonheur, servi par une comédienne-conteuse absolument époustouflante. A ne pas rater.

Continuer la lecture de AVIGNON 2018 / KOLHAAS

MONSTRES / ON NE DANSE PAS POUR RIEN

Monstres est la dernière création du chorégraphe et danseur congolais DeLavallet Bidiefono. Depuis 2005 et après avoir fait ses armes au centre culturel français de Brazzaville, ses spectacles aux danses musclées, vivantes et envoûtantes enchantent les scènes contemporaines à travers la France et le monde. Il collabore avec David Lescot, David Bobée ou encore Dieudonné Niangouna. En 2015, il crée le premier lieu indépendant dédié à la danse du Congo.

La Villette l’accueille pour deux jours et présente ce nouvel opus qui a déjà fait ses preuve à Nantes ou à Saint-Nazaire, un spectacle aux multiples facettes avec des artistes aux cultures différentes : danseurs, musiciens, chanteur, comédienne puisent dans leur art avec l’idée de construire quelque chose, un lieu de tous les possibles. Et cette construction se fait peut-être sous nos yeux comme un « monstre artistique » emprunt de poésie, de liberté, de sonorités rock qui ne demande qu’à vivre et à se nourrir d’espoir…

b-monstres_1cchristophe-pean_0                                          Crédit Photo : Christophe Péan

Mais si les monstres selon Bidiefono peuvent être les artistes, monstres positifs qui tentent d’avancer, de créer, de recréer du lien, il y a aussi les monstres négatifs, les dirigeants de certains pays, dictateurs adeptes de la déconstruction plutôt et de l’anti-culture. Le chorégraphe et ses artistes dépeignent ainsi la volonté de rester debout, de chercher et de trouver des lieux de création quand les pouvoirs défaillent, de se substituer à eux si nécessaire, de les combattre  pour que la culture survive coûte que coûte. Il est donc certain qu’avec Monstres à La Villette qu’on nous promet joyeux, festif et  punk, les artistes ne danseront pas pour rien…

Monstres / On ne danse pas pour rien
Chorégraphie : Bidiefono DeLaVallet

Compagnie Baninga
Avec : DeLaVallet Bidiefono, Destin Bidiefono, Fiston Bidiefono, Rebecca Chaillon, Ella Ganga, Marie-Bède Koubemba, Cognès Mayoukou, Aïper Moundou, Lousinhia Simon / Musiciens : Armel Malonga, Francis Lassus, Raphaël Otchakowski / Dramaturgie : Aurelia Ivan / Collaboratrice artistique : Carine Piazzi / Création lumière : Stéphane ‘Babi’ Aubert / Création son : Jean-Noël François
VendredI 22 et Samedi 23 juin 2018 à 20h30 

La Villette
Grande Halle

211 avenue Jean-Jaurès  Paris 19ème
Métro : Porte de Pantin (ligne 5 ou 3b)
Réservations : 01 40 03 75 75 / www.lavillette.com
Crédit Photo principale : Nicolas Guyot

LA FABRIQUE DES MONSTRES

Mary Shelley et ses fantômes…

La Fabrique des Monstres
ou Démesure pour mesure est la nouvelle création du metteur en scène Jean-François Peyret directement inspirée de l’illustre roman de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne. Il poursuit ainsi ce qui fait la singularité de son travail c’est à dire aller puiser dans les textes littéraires, philosophiques ou scientifiques pour proposer et imaginer un « théâtre scientifique » dans la lignée de Brecht. Et quelle matière pour le faire ici : un mythe du roman d’épouvante, une figure incontournable parmi les créatures fantastiques, revisitée par le cinéma et bien souvent imitée ou déclinée ; la créature créée par Victor Frankenstein… Car oui le monstre n’a pas de nom contrairement à cette déformation que le temps ou l’ignorance ont cultivé, Frankenstein étant bien le nom de son créateur de fiction. Mais sa véritable créatrice c’est Mary Shelley qui dans ce roman épistolaire, écrit à l’âge de 19 ans au bord du lac Léman, va combiner les récits en partant d’une correspondance d’un capitaine de bateau avec sa sœur qui rencontre le fameux Victor qui lui-même lui rapporte les aventures de sa créature. Cette fabrication du roman en couches successives avec ses multiples personnages, que le focus sur ce monstre légendaire a occulté, vont alors servir de matériaux parfaits à la fabrication d’une mise en scène elle aussi hors normes…
Continuer la lecture de LA FABRIQUE DES MONSTRES

LOUISE ROAM – Stargaze

Au mois de mai prochain sortira Stargaze, le troisième EP de Louise Roam, musicienne issue d’une formation classique en violon, qui s’est tournée vers la musique électronique et qui a déjà deux Ep à son actif: Raptus et Avaton, très remarqués à leur sortie. Nous l’avons rencontrée.

Continuer la lecture de LOUISE ROAM – Stargaze

STARGAZE

« Bright Star! »

En des temps très anciens, les hommes regardaient les ciels de nuits pour y voir les présages des saisons à venir. Le ciel annonçait la fin d’un cycle et le début d’un nouveau ou plutôt du renouveau : le printemps. Immobiles face aux constellations ou «sidae», on disait ces hommes sidérés. Pétrifiés face à la beauté. Cloués sur place. Comme face à l’amour. Le choc passé, venait le temps de le dé-sidération, du desiderum, c’est-à-dire : du mouvement, du désir. Le voyage pouvait commencer.
Pour son nouveau disque –Stargaze– Louise Roam nous emmène en voyage. Dans les étoiles. S’inspirant et prenant pour base dans ses compositions les bruits de l’univers, l’artiste inscrit ce 3ème EP (après Raptus et Avaton), dans la logique d’une écriture de la sidération, de l’extase et du mouvement. Les cinq nouveaux titres de cet opus tracent un chemin semblable à une ligne de vie où l’intime se déploie pour accéder à l’universalité et inversement.

Continuer la lecture de STARGAZE

LE FILS

Quelqu’un va venir…

Le fils est une pièce courte écrite par Jon Fosse. L’histoire se déroule dans  un village de la campagne norvégienne qui, peu a peu, se désertifie. Ne restent plus que deux maisons habitées dans le hameau, celle de l’homme et de la femme et celle d’un vieux monsieur un peu louche.  Tant que chacun voit la lumière de l’autre maison allumée, en ces jours d’hiver, tout va bien. La pièce débute sur le vif d’une situation dans le foyer du couple. L’homme regarde à la fenêtre et se lamente du silence. Il ne se passe rien. La femme elle, vaque à ses occupations. Au fur et à mesure de la conversation, on comprend que le couple a un fils, que celui-ci n’est pas venu les voir depuis longtemps. Le malaise s’installe, intensifié par une atmosphère de fin des temps de plus en plus palpable. La tension monte. Le couple attend on ne sait qui, on ne sait quoi. Sans doute son fils. Tout devient alors étrange comme lorsque qu’on regarde un objet du quotidien à la loupe.  Le moindre mot, le moindre geste semble décalé, hors contexte.
Le fils débarque enfin. Pas très loquace. Il ne répond à aucune question. Est-il vraiment leur fils ? Le suspens reste entier. Quant le vieil homme entre en scène, on sent que le drame qui couvait, va se dérouler irrémédiablement. C’est fatal. Même si on ne sait de quoi il retourne jusqu’à ce qu’il advienne concrètement.
Etienne Pommeret s’est entouré pour ce spectacle de comédiens absolument magnifiques, à commencer par Sharif Andoura dont le jeu, très fin, navigue entre l’angoisse, le comique, la suspension émotionnelle. Il lui suffit d’un regard, d’un demi-sourire, d’un froncement de sourcil pour exprimer tout un monde. Et c’est sublime. A ses côtés, Sophie Rodrigues n’est pas en reste. Elle campe une mère désarçonnée, qui essaie tant bien que mal de maintenir le cap. Elle a une véritable intelligence du texte et un instinct de jeu totalement bluffant.  A eux deux ils tiennent tout le spectacle, insufflant de l’humour là où on ne s’y attend pas, révélant des facettes inattendues de l’écriture de Jon Fosse. De la dentelle.
La mise en scène quant à elle s’avère classique et très honnête. La scénographie à la fois ancrée dans la poésie et le réalisme quelque peu décalé, ajoute au sentiment d’étrangeté qui s’installe au fur et à mesure du spectacle.
A voir.

Le Fils de Jon Fosse.
Mise en scène : Etienne Pommeret
Avec Sharif Andoura, Sophie Rodrigues, Karim Marmet, Etienne Pommeret.
Scénographie :Jean-Pierre Laroche
Lumières : Jean-Yves Courcoux
Costumes : Cidalia Da Costa
Son : Valérie Bajcsa

Du 15 au 18 mai 2018 au TAPS / Scala. Strasbourg
http://www.taps.strasbourg.eu

SANDRE

L’eau qui dort

Monologue implacable, Sandre est avant tout la parole d’une femme qui a basculé et a commis un acte irréparable : celui de l’infanticide. Il s’agit bien là d’une tragédie, une de ces histoire où le destin semble prendre le pas sur le libre-arbitre des êtres. Une tragédie des temps modernes qui rappelle l’affaire des bébés congelés et celles qui ont suivi, mettant en lumière, à l’époque des faits, le concept de déni de grossesse.

Continuer la lecture de SANDRE

IRIS EXTATIS- Daphné

Supermerveilleuxdisk

Dans la mythologie grecque, Iris est la messagère des Dieux. Elle est communément appelée la « Déesse arc-en-ciel » pour laisser dans son sillage, lorsqu’elle descend sur terre, une trace de mille couleurs. Iris Extatis est bien à l’image de cette figure : une explosion de couleurs, un feu d’artifices. C’est un métissage de sons, de rythmes ; une ôde au voyage, à l’émerveillement et à l’amour. L’amour sous mille facettes, à la fois grave et tendre, joyeux et léger.

Continuer la lecture de IRIS EXTATIS- Daphné

LA FEMME N’EXISTE PAS

De la bombe!

Points de départ : le 1er Juillet 1946, une bombe atomique est lâchée sur l’atoll de Bikini. Une semaine plus tard, un petit commerçant de lingerie fine invente le Bikini en lançant le slogan : « Bikini, première bombe anatomique ». En 1750, Marivaux écrit La Colonie, une comédie dans laquelle les protagonistes se retrouvent sur une île perdue. Dans cette pièce, les personnages doivent se réorganiser, mettre en place des instances de décisions, un gouvernement, bref réinventer une société. Occasion rêvée pour eux et surtout pour elles de redistribuer les cartes et de remettre en question les enjeux de pouvoir et de domination. Les femmes de cette fable décident de prendre le pouvoir et de revendiquer leurs droits. Ce sera –entre autres choses- à coup de bombes de peinture, cette fois.

Continuer la lecture de LA FEMME N’EXISTE PAS