LA LIBERTE OU LA MORT (c) Loïc Bernard-Chabrier (13) OK

LA LIBERTÉ OU LA MORT

Liberté chérie…

Lorsqu’on évoque le théâtre et la Grèce, il nous vient presque immédiatement à l’esprit l’antiquité et sa civilisation prospère ; lorsqu’on pense à la Grèce politiquement, le spectre de la crise de 2008 refait surface. Mais qui connait véritablement cet épisode fondateur : celui de la guerre d’indépendance qui a vu les Grecs sortir péniblement de plus de quatre siècles de domination ottomane ? C’est en contant de manière fictionnelle les prémisses de cette histoire  oubliée, parfois occultée, que la compagnie Theatrum Mundi et sa metteure en scène Anissa Daaou, tente de réveiller les consciences sur la notion de liberté et d’engagement, sur notre capacité  à prendre la parole ou les armes pour défendre une terre…

Quatre comédiens vont alors nous embarquer durant un peu plus d’une heure en nous plongeant littéralement au sein des enjeux politiques et stratégiques de ce soulèvement. Deux des personnages choisissent la voie de la parole et d’un gouvernement provisoire tandis que les deux autres prennent la voie guerrière, la conquête de territoires au prix du sang ; tandis que les uns tentent un début de démocratie en espérant l’aide des occidentaux (ça rappelle quelque chose !), les autres se confrontent à la réalité cruelle du terrain et du manque de vivres…

En s’appuyant sur son écriture très juste, qui sonne vraie et qui mêle intimité de personnages tiraillés en permanence et références historiques, Anissa Daaou parvient avec beaucoup d’intelligence à faire résonner cette révolution à nos oreilles comme si elle se déroulait sous nos yeux. Déjà en évacuant d’emblée l’idée d’une représentation style XIXème : c’est ici et maintenant, avec portable ou selfie, mais aussi en incluant les spectateurs dans le dispositif scénique. Entourés, fendus, encerclés parfois par les acteurs, nous sommes partie prenante de l’événement et nous ne pouvons que nous poser cette question  intemporelle : combattre pour la liberté ou périr ?

Le jeu direct des acteurs qui reste sobre et incarné à la fois, sans sur-jeu et clair, permet aussi la compréhension de ce qui se trame. L’utilisation du micro comme vecteur par moment et l’occupation de l’espace font penser un peu au théâtre forum d’Augusto Boal mais surtout aux formes d’agitprop qui ont souvent accompagnées les révolutions et les revendications populaires. La compagnie Theatrum Mundi réussit le pari de partir d’un soulèvement précis en le mettant subtilement en lumière et d’arriver à l’universalité du propos qui doit tous nous ébranler. Un théâtre fort, engagé comme peu de jeunes troupes osent  en faire et à découvrir pour quelques soirées encore au Théâtre de La Reine Blanche.

La Liberté ou la mort
Texte et mise en scène : Anissa Daaou
Avec : Anissa Daaou, Lucas Dardaine, Maïa Foucault, Robin Gulbert / Scénographie et costumes : Cecilia Galli / Création lumière et régie : Quentin Maudet / Regard extérieur : Gabriel Tur / Assistant à la mise en scène : Loïc Bernard-Chabrier
Jusqu’au 16 mars / Les mardi, jeudi et samedi à 19h
www.facebook.com/CompagnieTheatrumMundi/

Théâtre de La Reine Blanche
Scène des Arts et des Sciences
2 passage Ruelle Paris 18ème
Métro : La Chapelle ( ligne 2 ou 12) ou Marx Dormoy (ligne 12)
Réservations : 01 40 05 06 96  / reservation@reineblanche.com

Crédit Photo : Loïc Bernard-Chabrier

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