Si vous ne connaissez pas encore Laurence Côte alors révisez vos classiques ! Après une formation de théâtre, c’est au cinéma qu’elle débute véritablement sa carrière en tournant tout simplement avec les plus grands : Rivette, Godard, Doillon, Desplechin ou encore Téchiné. C’est avec ce dernier dans le film « Les Voleurs » et aux côtés de Catherine Deneuve et de Daniel Auteuil qu’elle décroche le César du meilleur espoir féminin. On la retrouvera entre autres par la suite dans le film et la série « Nos enfants chéris » réalisés par Benoît Cohen avant qu’elle ne se mette elle-même à la réalisation. Mais c’est aujourd’hui la femme de théâtre que Le Coryphée a choisi de rencontrer ; celle qui a été mise en scène par Chéreau, Éric-Emmanuel Schmitt, de nouveau Rivette et qui a monté Tchekhov ou encore Israël Horovitz. La voilà actuellement au Théâtre Déjazet dans « Un mois à la campagne » de Tourgueniev aux côtés entre autres de la délicieuse Anouk Grinberg. Dans une mise scène surprenante, rythmée et moderne d’Alain Françon et avec des partenaires en pleine forme ; elle y incarne avec beaucoup de justesse et une présence hypnotique Lizaveta Bogdanovna, amie de la famille, gouvernante et confidente à la fois, témoin privilégiée des amours contrariés avant que l’amour ne vienne la cueillir elle aussi. Elle nous parle de cette aventure théâtrale. Continuer la lecture de LAURENCE CÔTE DANS « UN MOIS À LA CAMPAGNE »
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SANDRE
L’eau qui dort
Monologue implacable, Sandre est avant tout la parole d’une femme qui a basculé et a commis un acte irréparable : celui de l’infanticide. Il s’agit bien là d’une tragédie, une de ces histoire où le destin semble prendre le pas sur le libre-arbitre des êtres. Une tragédie des temps modernes qui rappelle l’affaire des bébés congelés et celles qui ont suivi, mettant en lumière, à l’époque des faits, le concept de déni de grossesse.
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LA FEMME N’EXISTE PAS
De la bombe!
Points de départ : le 1er Juillet 1946, une bombe atomique est lâchée sur l’atoll de Bikini. Une semaine plus tard, un petit commerçant de lingerie fine invente le Bikini en lançant le slogan : « Bikini, première bombe anatomique ». En 1750, Marivaux écrit La Colonie, une comédie dans laquelle les protagonistes se retrouvent sur une île perdue. Dans cette pièce, les personnages doivent se réorganiser, mettre en place des instances de décisions, un gouvernement, bref réinventer une société. Occasion rêvée pour eux et surtout pour elles de redistribuer les cartes et de remettre en question les enjeux de pouvoir et de domination. Les femmes de cette fable décident de prendre le pouvoir et de revendiquer leurs droits. Ce sera –entre autres choses- à coup de bombes de peinture, cette fois.
D’ELLE A LUI
D’elle à lui, est un dialogue entre une comédienne-chanteuse et un pianiste. Un dialogue drôle où humour et tendresse se répondent en chansons. Passionnée par « les chansons qui racontent des histoires », Emeline Bayart met au point un récital en 2003 à sa sortie du Conservatoire. Elle peaufine ce spectacle jusqu’à aujourd’hui en le jouant entre deux projets théâtraux.
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TOUTE MA VIE J’AI FAIT DES CHOSES QUE JE SAVAIS PAS FAIRE
C’est une voix qui déchire l’obscurité. Celle d’un homme.
Lorsque la lumière se fait, on constate qu’il est allongé au sol, son corps épousant les contours dessinés d’une silhouette, telle celle que l’on trace autour d’un cadavre pour matérialiser son emplacement. L’homme qui nous parle est donc mort. Derrière lui, un mur. A ses côtés, une chaise renversée. Que lui est-il arrivé?
L’homme nous raconte son histoire, son agression ; comment, alors qu’il était tranquillement assis dans un bar en train de siroter une bière, quelqu’un est entré et l’a agressé verbalement. Il va nous raconté sa peur, voire sa terreur, son incapacité à réagir ; sa stupeur.
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RENDEZ-VOUS
J’ai la mémoire qui flanche
Deux femmes, ex-girls de cabaret et rivales, reçoivent un jour une lettre de leur ancien amant, leur demandant de venir le retrouver. Ni une ni deux, les voilà parties à la recherche d’Armando le magnifique, ancien directeur du Cabaret dans lequel elles ont officié vingt ans plus tôt. Les deux femmes se détestent et sont bien décidées l’une comme l’autre à décrocher la timbale auprès d’Armando, persuadées que celui-ci a un nouveau contrat à leur offrir. Sauf que les choses ne passent pas comme prévu…
SWANN S’INCLINA POLIMENT
Depuis le mois de septembre, le théâtre de Belleville accueille le nouveau spectacle de Nicolas Kerszenbaum « Swann s’inclina poliment » d’après « Un amour de Swann » de Marcel Proust. Dans cette adaptation le metteur en scène a choisi de mettre en exergue l’histoire d’amour d’Odette -une petite courtisane de salons- et de Swann, un riche homme d’affaire. Au travers de cette romance, c’est tout un portrait de la bourgeoisie de la belle époque qui est passé au crible ; une bourgeoisie qui veut sa part du gâteau et est prête à tout pour cela. Servi par trois comédiens magnifiques et comme toujours parfaitement dirigés, le spectacle nous invite à une réflexion sur notre époque, le tout sur fond d’une musique pop aux accents parfois eightie’s.
JAZ
Alexandre Zeff met en scène le beau texte de Koffi Kwahulé à la Chapelle du Verbe Incarné. Celui-ci parle d’un sujet délicat : le viol, mais surtout d’un parcours de résilience, celui de la femme –Jaz- victime de ce crime. Pour incarner ce personnage, le metteur en scène a choisi une comédienne lumineuse avec une palette de jeu considérable et un talent certain pour le chant : Ludmilla Dabo.
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A 90 DEGRÉS
C’est le soliloque d’une femme, celui d’une chute lente, que Frédérique Keddari-Devisme a écrit et mis en scène aux Théâtre des Halles à Avignon. Une femme (formidable Elisabeth Mazev), en proie l’alcoolisme, raconte son mal de vivre, son inadaptation au monde. Un spectacle à voir pour la performance de l’actrice, un sujet peu abordé au théâtre notamment du point de vue féminin et la découverte d’une auteure.
DEFAITE DES MAITRES ET POSSESSEURS
En adaptant le roman de Vincent Message – Prix Orange du Livre 2016- Nicolas Kerszenbaum livre un spectacle puissant sur notre condition d’être au monde. Cette fable futuriste qui, au premier abord, raconte une histoire d’amour poignante trace les lignes d’un plaidoyer pour l’humanité et le vivre ensemble. Servi par deux comédiens époustouflants d’intensité retenue, Défaite des Maîtres et possesseurs est un des plus beaux spectacles de ce festival 2017.