Archives pour la catégorie Théâtre

JEUX D’ENFANTS, DOROTHÉE DEBLATON – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

Et voilà l’ultime spectacle présenté dans le cadre du Prix / Jeunes metteurs en scène au Théâtre 13, Jeux d’enfants mis en scène par la jeune et pétillante Dorothée Deblaton. Là encore c’est une première mise en scène pour la comédienne de formation, passée par le Cours Florent mais surtout par l’Ecole d’Eva Saint Paul grâce à qui elle va prendre conscience de ce  qu’est l’ensemble d’un spectacle.  Continuer la lecture de JEUX D’ENFANTS, DOROTHÉE DEBLATON – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

2h14, Marie-Line Vergnaux-Prix Théâtre 13/ Jeunes metteurs en scène

Cinquième spectacle présenté au Prix–Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène, 2h14 de David Paquet, mis en scène par Marie-Line Vergnaux retrace l’histoire d’adolescents dont les destins s’entrecroisent et s’entrechoquent au hasard d’un drame qui les unit et nous dépasse.
 Leurs parcours fragmentés sont ponctués par le discours d’une mystérieuse femme et la boucle incessante de la radio étudiante. Ce kaléidoscope cru et poétique culmine en un dénouement abrupt et déchirant où toutes les pièces du puzzle s’assemblent et volent en éclat…à 2h14. Continuer la lecture de 2h14, Marie-Line Vergnaux-Prix Théâtre 13/ Jeunes metteurs en scène

LA LEÇON

La philologie mène au pire… 

Qui ne connait pas sa leçon enfin… La leçon ? Un classique du théâtre de l’absurde de 1950 signé Eugène Ionesco et qui suivit de peu l’écriture de la fameuse Cantatrice chauve. D’ailleurs, elles se donnent encore toutes deux au Théâtre de la Huchette dans les mêmes mises en scène depuis la fin des années 50 ! Seulement voilà, depuis quelques temps, cet héritage littéraire de Ionesco est enfin tombé dans le domaine public et ses pièces peuvent être jouées plus facilement dans la durée. Continuer la lecture de LA LEÇON

BOUCHERIE RYTHMIQUE, VALENTIN DE CARBONNIERES – PRIX THEATRE 13/JEUNES METTEURS NE SCÈNE

Quatrième spectacle présenté au Prix-Théâtre 13/ Jeunes metteurs en scène, « Boucherie Rythmique » écrit et mis en scène par Valentin de Carbonnières, questionne la question de la transmission, les liens entre modernité et tradition. Cette pièce pose une réflexion sur la déconstruction et s’appuie pour illustrer ce propos sur deux artisanats : la boucherie qui est un métier qui  démonte – c’est la métamorphose du muscle en viande- et le Taiko, percussion japonaise qui est la seule à déstructurer le rythme. L’intrigue se déroule à la fin de l’adolescence qui est une période de déconstruction totale, celle où l’enfant se transforme en adulte. 


Valentin de Carbonnières se forme à l’école Les Enfants Terribles et au Cours Florent avant d’entrer au Conservatoire National de Paris dont il sort diplômé en 2009. En 2010-11, il travaille avec Mathieu Bertholet au Théâtre de Gennevilliers et en tournée sur « L’avenir, seulement », et plusieurs monologues de Case Studie House. Cette année-là, il joue aussi dans « Le langue à langue des chiens de Roches » de D. Danis au Théâtre de l’Epée de Bois Au cinéma, il tourne dans « Pas sage » écrit et réalisé par Lorraine Groleau, diffusé sur Arte. Il travaille également sous la direction d’Yves Beaunesne  dans « Pionniers à Ingolstadt », puis on le retrouve dans  « Nina » de Roussin avec François Berléand et Mathilde Seigner, dans une mise en scène de Bernard Murat. Pour l’ouverture de saison au Théâtre du Rond-Point en 2014,  il joue dans « Hétéro » de Denis Lachaud mis en scène de Thomas Condemine.
« Boucherie Rythmique » est sa première pièce et également sa première mise en scène.

Quelles ont été tes sources d’inspiration pour écrire ce texte ?
Je n’ai pas tout écrit : il y a plusieurs passages qui appartiennent à la littérature bouchère notamment « Le Boucher » d’Alina Reyes et « Bifteck » de Martin Provost. En fait je travaillais au Théâtre du Rond Point sur un spectacle. Le travail était difficile. Nous avions de grosses partitions. Pour rigoler, je n’arrêtais pas de répéter qu’il fallait que j’arrête ce métier et que je devienne boucher. Cette blague est devenue alors une espèce d’obsession et donc, en même temps que je travaillais au Rond Point, j’allais l’après midi, à EBP (Ecole de Boucherie de Paris) où je me faisais passer pour un journaliste pour pouvoir faire des interviews, travailler avec des élèves… Au bout d’un moment je leur ai que je n’étais pas journaliste, mais que je préparais un spectacle. Ils ont été encore plus avec moi. Parallèlement à cela, je fais des percussions depuis l’âge de six ans. Je suis passionné par cela. Je suis parti au Japon sur un coup de tête lorsque qu’un ami m’a annoncé qu’il partait là-bas. J’ai préparé ce voyage pendant deux mois et demi en prévoyant pour chaque jour des rencontres et des interviews. Quand je suis arrivé là bas, j’ai donc passé trois semaines à faire des interviews. J’ai rencontré des acteurs de kabuki, des acteurs de Nô… J’ai rencontré énormément de monde. Ma soif de connaissance était insatiable. C’était exponentiel. Et du coup j’ai rencontré la première femme joueuse de Taiko, un art du tambour japonais. C’était très émouvant car elle a été rejetée longtemps par ses pairs. Le Taiko est un art séculaire. Cela vient d’un mythe. C’est un art de musique et de danse, du mouvement. Le rapport entre le Taiko et la boucherie, c’est la transmission. Les formateurs en boucherie m’ont parlé de leur art en le comparant à celui de la musique. Tout est dans le geste. Leur parole a commencé à faire leur chemin chez moi. J’ai donc voulu parler de la transmission. Qu’est-ce que la transmission ? Qu’est-ce que l’éducation ? Mais il y a aussi le fait que le Taiko c’est avant tout une peau de bœuf. C’est donc l’élan d’un corps vers l’animal. Et la boucherie, c’est pareil. La Boucherie Française, c’est un art séculaire, comme le Taiko. Si on écoute le Taiko, on imagine tout de suite l’animal car on entend comme le bruit des sabots de l’animal.

Quel a été le processus de travail ?
L’organisation du travail a été très difficile. Il y a treize comédiens au plateau, ainsi que quatre joueurs de Taiko. Je voulais que les comédiens soient autonomes. Je ne voulais pas que les comédiens soient des marionnettes. Donc par rapport à la transmission, il fallait que j’ai un autre chemin avec les acteurs. Il fallait que j’ai un chemin qui soit très explicatif, très en empathie. Un chemin qui ne soit pas dans la dictature, qui ne soit pas dans l’humiliation, qui ne soit pas dans un rapport de metteur en scène à acteur. Je voulais être dans un rapport qui soit : « on avance main dans la main, ensemble, dans le brouillard » Comme dans un rapport amoureux. Par rapport à cette envie, j’ai donc choisi des comédiens forts, intelligents et bienveillants, non seulement envers leurs partenaires mais aussi envers le metteur en scène et les techniciens. Nous avons très peu de temps de répétitions, mais comme ils sont responsables d’eux-mêmes, en ce moment, par exemple, ils répètent sans moi. Autre exemple, s’ils ne veulent pas dire un truc que j’ai écrit, alors on discute et si leurs arguments sont bons, alors on enlève. C’est eux qui décident ce qu’ils disent parce que le jour J, c’est eux qui sont sur le plateau. C’est eux qui vont prendre tous les risques. Pour la mise en scène, je fais des propositions. Je laisse toujours la porte ouverte. Nombre de choses ont été trouvées par les comédiens, ont été discutées et validées.

Qu’est ce que tu attends du Prix Théâtre 13 ?
Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer des choses. En fait je voudrais faire la Villa Kujoyama. C’est la villa Médicis au Japon. Je voudrais aller là-bas avec ce spectacle. Ce concours est un concours intéressant car il te permet d’éprouver ta volonté. Comme on débute, on n’a que notre amour du travail et notre volonté pour monter le spectacle. Il faut être débrouillard, convaincant. Et moi, je voulais éprouver ma volonté d’auteur et de metteur en scène.

Avec Anthony Audoux, 
Pierre Carbonnier,
 Guillaume Desmarchelier,
 Jean Christophe Legendre, 
Fabienne Lucchetti,
Sébastien Rajon,
 Serge Riaboukine,
 Toma Roche,
 Paul Spera, 
Éric Tinot,
 Karim Tougui,
 Lissa Trocme
le musicien Tsin Zhao
les chanteurs Armand de Carbonnière, Geoffroy
et le Paris Taiko Ensemble.

Vendredi 24 et samedi 25 juin 2016 à 20h
1h30 sans entracte

Théâtre 13 –Seine
30 rue du Chevaleret
75013 Paris. M° Bibliothèque –François Mitterrand (Ligne 14)
Réservation : 01 45 88 62 22

LES PROMÉTHÉENS, MATTHIEU HORNUSS – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

Et voilà le Prix Théâtre 13 / Jeune metteurs en scène déjà bien entamé avec les spectacles de deux metteurs en scène radicalement différents. C’est au tour de Matthieu Hornuss de présenter son travail avec le spectacle Les Prométhéens. Matthieu Hornuss est comédien de formation. Après avoir fait ses armes aux Ateliers Sudden, il joue notamment sous la direction de Raymond Acquaviva ou encore de Quentin Defalt avec Les Vibrants un très beau spectacle qui a triomphé en Avignon. Co-fondateur de La Compagnie des Barriques en 2010, il décide de se lancer dans l’écriture d’un texte inspiré par un livre que lui a prêté un ami. Continuer la lecture de LES PROMÉTHÉENS, MATTHIEU HORNUSS – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

LE FAISEUR

En attendant Godeau…

C’est au Théâtre de l’Épée de Bois que cette belle institution du théâtre populaire, les Tréteaux de France, pose ses valises pour le mois de juin avec un festival riche en spectacles, en ateliers et en conférences. Après avoir donné L’Ecole des femmes mis en scène par son directeur, Robin Renucci, les Tréteaux présentent Le Faiseur, une des rares pièces de théâtre d’Honoré de Balzac écrite en 1840 juste avant l’avènement de l’ère industrielle, une pièce incroyablement visionnaire puisqu’elle raconte les déboires de Mercadet, banquier et homme d’affaires sans morale, au bord de la faillite forcé à marier sa fille à un riche parti pour apaiser ses créanciers et repousser ses échéances. Le monde de la spéculation, des dettes et de l’argent roi y prend une place prépondérante qui résonne étrangement à nos oreilles contemporaines ! Il est alors intéressant de voir jusqu’à quel point cette oeuvre plutôt méconnue nous parle aujourd’hui.
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NOYEZ-MOI, HUBERT BOLDUC – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

Voilà le Prix Théâtre 13 / Jeunes metteurs en scène qui s’apprête à démarrer avec une première mise en scène et un premier texte signés Hubert Bolduc. Hubert Bolduc nous vient de Québec où il est diplômé du conservatoire d’art supérieur. D’abord comédien auprès de grands metteurs en scène tel que Marie-Josée Bastien ou Lorraine Côté, il co-fonde en 2009 la compagnie « Des miettes dans la caboche » et crée de manière collective plusieurs spectacles. C’est probablement à travers ce travail de créateur et en observant d’autres metteurs en scène qu’il décide de se coller lui aussi à la mise en scène. Continuer la lecture de NOYEZ-MOI, HUBERT BOLDUC – PRIX THÉÂTRE 13 / JEUNES METTEURS EN SCÈNE

PRIX THEATRE 13-JEUNES METTEURS EN SCÈNE

Place aux jeunes !

Pour la onzième année consécutive le Théâtre 13 organise le Prix Théâtre-Jeune metteurs en scène. C’est un rendez-vous devenu incontournable pour tout jeune metteur en scène désireux de faire connaître son travail à un public composé d’amoureux des planches mais également de professionnels exigeants.

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RENDEZ-VOUS GARE DE L’EST

Un seul en scène d’une intensité rare, porté par une actrice exceptionnelle… Assise sur une chaise, une jeune femme nous laisse entrer dans sa tête, nous raconte sa maladie, son mari, son travail, dans une adresse si naturelle qu’on a l’impression d’entrer dans son salon. Extraordinaire ou furieusement ordinaire. Rencontre avec l’actrice Émilie Incerti Formentini.

Quelle est l’origine de ce projet ?
« Il y a 6 ans, Guillaume Vincent, le metteur en scène a interviewé une jeune femme pendant 6 mois dans les cafés près de gare de l’Est et il a retranscrit mot pour mot ses paroles, lapsus ou erreurs de langage compris. Il m’a fait lire le texte plus tard et dans la première mouture, il y avait au moins dix pages de descriptifs de médicaments ! Guillaume m’a guidée pour lire cela de manière naturaliste. Il y a 3 ans, on a repensé à ce texte. Il y a eu un grand travail de montage et on s’est aperçu que la maladie finalement passait en second plan. Puis on a fait une lecture aux Bouffes du Nord et encore un montage. »

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LES PALMIERS SAUVAGES

Mais où est Faulkner ?

Dans la foulée de « Nous sommes repus mais pas repentis » de Thomas Bernard déjà aux Ateliers Berthier, Séverine Chavrier présente une autre de ses mises en scène en s’attaquant à un géant de la littérature américaine, William Faulkner. Elle choisit Les Palmiers Sauvages, recueil paru pour la première fois en 1939 avec ce titre mais qui des décennies plus tard reprend le titre que lui avait prédestiné son auteur : Si je t’oublie Jérusalem.
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