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Chansons – L ( Raphaële Lannadère)

L’échappée belle

C’est à un voyage que nous convie Raphaële Lannadère -L- avec son nouvel album intitulé Chansons. Derrière la simplicité du titre, se dévoile un disque lumineux qui conjugue les envolées flamboyantes aux pas de loup.

On y découvre, en ouverture, un morceau qui vaut bien « Le Plat Pays » chanté par Jacques Brel. « La Meuse », chanson sublime de délicatesse et de poésie, commence dans un balancement telle une houle. Le ton est ainsi donné : des arrangements de cordes d’une rare finesse ponctués parfois de sons plus électriques mais toujours discrets sertissent des textes profonds et sensibles tout au long du recueil. L’album est à l’image du premier titre, de cette Meuse qui serpente au travers des pays comme on traverserait des vies, qui coule comme le temps qui passe et où parfois la pluie est éclairée de quelques rayons de soleil, où la brume se lève et fait du crépuscule un petit matin.
On y entend le rythme lancinant du souvenir, ce souvenir qui s’arrange du présent, qui s’arrange à le rendre plus doux, moins pressant -à peine avons-nous fait quelques pas que c’est déjà une autre enfance qui succède à la nôtre et grandit- ou bien on y invente  des mondes : « On pourra toi et moi / être au parc et se croire / là-bas, au bord de l’eau/ et sous nos grands chapeaux / on saura voir des dunes / et les toits de Montmartre / seront notre lagune».
On pourrait qualifier l’œuvre de classique tant les violons et violoncelles sont présents, mais c’est tout le contraire. Cette présence des cordes lui confère une intemporalité et une fantaisie qui la rendent complètement moderne.
Les mélodies suivent leur chemin poétique et nous entraînent au gré des éléments, de la nature (L’hiver dans «Laisser passer» dont certaines notes rappellent l’ «Hiver» des Quatre saisons de Vivaldi, les gouttes de pluie en pizzicato dans La Meuse, les scintillements du soleil dans La Micheline aux accents d’ « Over the Rainbow », les forêts nues, les blés de « Tant pis », les crapauds, les chiens, les bayous d’ « Orlando ») vers un souffle, un envol.
L’acmé de ce disque est sans aucun doute le morceau «Orlando», grave et lyrique, véritable prière et plaidoyer pour l’amour et la tolérance.
Tout est question de liberté, de mouvement dans l’écriture de Raphaële Lannadère dont la voix légèrement voilée et parfois enfantine est sans filtre. Il s’en dégage une grande élégance qui n’en provoque pas moins l’émotion.
Si l’album s’ouvre sur un paysage grandiose, il se referme sur un intérieur, sur des pas feutrés qui n’osent pas faire de bruit de peur de réveiller l’autre (« Tu dors »). Un calme après « Tempête ». Peut-être est-ce aussi là que tout voyage démarre? Dans l’intime, notre for intérieur, nos rêves ? « Alors que dehors tout bat, tout bat, tout bat », la vie couve à l’abri du tumulte. Les voyages intérieurs sont parfois les plus beaux et laissent celui qui rêve toujours plus mystérieux à l’autre. Il faudrait toujours avoir, dans un coin de la tête, un fleuve qui emmène les marins jusqu’à l’océan, cette vaste immensité où les espoirs vont plus loin que l’horizon.

Chansons de L – Raphaële Lannadère.
Sortie le 23 février 2018.

Concerts :
10 mars 2018 : Concert littéraire-Printemps des Poètes / Marseille
21 mars 2018 : Scènes du Golf / Vannes
29 mars 2018 : Théâtre des Bouffes du Nord / Paris
20 avril 2018 : Festival Mythos / Rennes
27 avril 2018 : Printemps de Bourges / Bourges

Facebook : https://fr-fr.facebook.com/L.raphaele.lannadere/
Site : https://l-raphaelelannadere.com

 

 

 

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